Archives Mensuelles: juillet 2013

Désespérante actualité

bad-newsL’actualité de ce jeudi m’a laissée quelque peu éreintée.

Un jour après l’autre, les mauvaises nouvelles s’enchainent, les difficultés s’amoncellent, les espoirs sont contrariés. Même ce qui donne l’impression d’avancer repose sur des questions problématiques, des situations que l’on aurait préféré éviter.

C’est une véritable avalanche.

Bad news

A l’international : un coup d’Etat militaire qui met paradoxalement l’Egypte en liesse, la confirmation d’un immense jeu de big brother à l’échelle des Etats, les vaines menaces de Hollande à propos du traité transatlantique, un incident diplomatique ahurissant avec la Bolivie, et finalement le refus de donner l’asile politique à un lanceur d’alerte américain embringué dans un rapport de force médiatique avec son propre pays.

En France : Delphine Batho qui règle ses comptes avec le gouvernement et dénonce des lobbies, l’invalidation des comptes de campagnes de l’UMP qui se retrouve sur la paille, Sarko qui prétend démissionner du conseil constitutionnel, Médiapart interdit de publier des affaires d’Etat sous couvert de protection de la vie privée, les suites de plus en plus alambiquées de l’affaire Cahuzac, Mélenchon qui apporte son soutien à Kerviel, le début des négociations pour une nouvelle réforme des retraites.

Il y a les bonnes nouvelles dont on craint que la suite tourne mal.
Les nouvelles contrariantes mais dont on se dit avec fatalisme qu’il pourrait difficilement en être autrement.
Le constat accablant sur l’état déplorable de la classe politique et ses effets désastreux sur l’opinion.
La désolation face aux contradictions insurmontables de la démocratie, des sentiments ambivalents face à la complexité du monde.

Comment dans ce capharnaüm d’affaires et d’enjeux géopolitiques saisir autre chose qu’un message alarmant ?
Comment ne pas se sentir démuni et relégué à une place insignifiante, loin, fort loin de notre « pouvoir d’agir » citoyen ?
Comment éviter que certains y trouvent de bonnes raisons de voter Front national ?
Comment, si l’on n’est pas complaisant ou happé par ce tourbillon au point d’y prendre part, recevoir tout cela autrement qu’avec angoisse, ou dégoût, ou sans se retrancher dans une indifférence protectrice ?

Good news ?

Elles sont où les vraies bonnes nouvelles ?

Celles que l’on n’ira pas bouder à cause de certains détails désagréables qui en gâchent la qualité ?
Celles qui seraient bonnes pour tout le monde et non pour une catégorie de privilégiés ?
Celles qui ne seraient pas gâtées par une contestation démesurée ?
Celles qui nous autoriseraient à nous dire sans hésitation qu’on avance vers une résolution ou une amélioration de la situation ?
Celles qui nous uniraient enfin dans la cohésion et le progrès ?

Ce qui est certain, c’est qu’elles ne font pas les gros titres et sont très peu relayées.
Peut-être sont-elles cachées… Sommes-nous dans une telle configuration mortifère que nous ne les voyons plus ?
Peut-être sont-elles ignorées… Sommes-nous devenus si exigeants que nous ne sommes plus capables de mesurer le moindre progrès ?
Peut-elles sont-elles oblitérées ? Sommes-nous tellement informés que nous ne parvenons plus à faire la part des choses ?

Peut-être tout ceci n’est-il qu’un effet d’entraînement, et faut-il se dire comme Juan  : Il y a toutes les raisons d’être inquiets, mais aucune d’être désespérés ?

Et si, au final, notre difficulté à nous intéresser au positif n’était pas tout simplement dû à une certaine flemme teintée de conformisme ? Nous suivons les flots de l’info, emportés par les remous de surface, prenant de moins en moins le temps d’observer les courants des profondeurs, ou de regarder ailleurs, ou de nous interroger sur ce qui nous ferait vibrer, aimer la vie, apporter au monde plutôt que contempler son désastre ?

Edit : Ah, la preuve que j’ai raison, même le Gorafi le dit ! >> 62% des Français estiment qu’il y a eu trop d’informations cette semaine 😉

Illustration : non connu